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Olivier Renouf
Contacts
Dans S.Perché, au départ, je voulais partir du Baron perché d’Italo Calvino,
monter dans les arbres de façon métaphorique, et finalement c’est l’arbre
qui m’est tombé dessus, un arbre malade, reconstitué, rafistolé, pansé...
Telle une sculpture de Germaine Richier j’ai commencé ma métamorphose,
jouant de la correspondance entre le bois et la chair. Je fais ici,
corps avec l’élément pour devenir une sculpture vivante.
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Légèrement articulée, cette sorte de marionnette géante, devient une hybridation de l’humain dont les formes évoquent le monde animal et végétal : Mante religieuse, araignée, fourmi, cabanes, nid ou tanière... avec la danse entre les ramures.
« ... La branche n'est pas la métonymie de la forêt, mais son os. La branche
est la forêt... La forêt n’est ni homme ni femme, ni arbre, mais l’homme et la
femme cachés dans l’arbre, ou peut-être l’arbre caché en eux... »
(Faire Forêt de Maryline Desbiolles à propos de la sculpture La forêt (1946) de Germaine Richier).
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Au son de la guitare et de la voix du musicien Fred Costa présent sur scène, je porte cette structure de bâtons articulés. Je la traîne et la dépose sous forme d’une sculpture-cabane, d’où le corps se détache en mimétisme avec les branches. Après plusieurs métamorphoses de cet être hybride, je sors dans un enchaînement de présences archaïques inspirées des sculptures de Germaine Richier. « Sculptures vivantes, à
même de saisir l’humain dans sa violence et sa fragilité ».
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Germaine Richier est une des première femme sculptrice du 20ème siècle reconnue en son temps, mais assez vite invisibilisée au regard de la gente masculine. « Son regard se posait de préférence sur des animaux méprisés dans un registre essentiellement féminin (la sauterelle, la mante,
la cigale, l’araignée, la chauve-souris, la fourmi...) ».
« Là où Giacometti réduit, Richier augmente dit Philippe Lançon : deux manières de concentrer la vie face à ce qui la détruit. »
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LA PRESSE ( Par Laurent Klajnbaum)
S.Perché d’Olivier Renouf : quand l’homme et l’arbre font corps par la danse
  • 29 janvier 2025
S.Perché. L’Insoumission.fr publie un nouvel article de sa rubrique « Nos murs ont des oreilles – Arts et mouvement des idées ». Son but est de porter attention à la place de l’imaginaire et de son influence en politique avec l’idée que se relier aux artistes et aux intellectuels est un atout pour penser le présent et regarder le futur.
S.Perché, par Olivier Renouf c’est l’histoire d’un homme et d’un arbre. On ne sait pas si l’homme veut monter dans l’arbre ou si l’arbre lui est tombé dessus. Ils font corps. Par la danse. Par le jeu. Par le sens. Leur relation les transforme. On ne sait pas quand se déroule la fable. On sent l’effet du réchauffement climatique et de la sécheresse. La scène appelle l’amour. Ou l’humidité. Pour un renouveau. Notre article.
« Je dois chercher l’équilibre entre hier et demain puisque le présent m’échappe » – Louise Bourgeois
Cela commence par une piste. Avec une empreinte comme une trace du temps. Arrivent les cercles. Et les vaguelettes de sable. Cela ressemble à une peinture de Miquel Barcelo Absorption des ornements par la richesse des matières brutes. Une Genèse ou une fin.
Un être – mi-homme, mi-femme – dresse une marionnette faite de bouts de bois. D’abord Bernard -l’-ermite. Ou humain traînant son arbre comme Sisyphe roule sa pierre. Ou homme-cabane – « faire des cabanes : imaginer des façons de vivre dans un monde abîmé », dit Murielle Macé. Ou hère-insecte à la Maman de Louise Bourgeois ou au contraire mâle dans la Mante-religieuse. Un homme-horloge aussi.
On ne sait pas qui est premier. L’être humain ? Guide de la chose et se mouvant en elle les yeux fermés. Avant que l’arbre ne lui tombe dessus ? La marionnette ? Tantôt carapace ou exosquelette. Tantôt abri, charge ou labyrinthe. Bientôt arbre. Peut-être l’être et le végétal sont-ils enchevêtrés. Métamorphosés. Assemblés ou liés comme leur destin. Bras, pattes et branches mêlés.
Mais l’oracle de l’arbre, c’est se tendre et bourgeonner. Comme l’arbre d’En attendant Godot de Samuel Beckett. Sauf que les bourgeons de l’arbre Renouf sont les stigmates plastiques d’un mal de notre monde.
Olivier Renouf est danseur. De la pesanteur à l’élévation. Et transmuté aussi : marionnettiste, presque-mime des humains et des arbres. Et clown. Sans bluff ni trucage. Pluriel et poétique plus qu’onirique. Fred Costa enveloppe la scène de sa musique. Guitare, saxophone et voix. Organiques et électriques. Moins personnage que mise en espace. En écho de la structure.
« Essayer encore. Rater encore. Rater mieux encore », Samuel Beckett – Cap au pire
Olivier Renouf nous montre notre humanité. Monter aux arbres comme une métaphore. Le risque de la chute comme un destin. La tentative comme un ressort. Avec obstination et opiniâtreté. Avec la force ouverte de son imaginaire et du nôtre. Au bord du rire, quelquefois. Comme quand chutent les clowns.
Dans le tragique d’un environnement que nous avons anéanti. Le sol est aride. Le bois est sec. Les jointures aussi. Mordre ou masser pour réveiller le cœur de la nature à l’arrêt. La chair pour réveiller le bois. Gepetto l’avait bien fait avec Pinocchio. Les nuages comme une promesse d’un happy-end possible. Une presque fin qui ne serait pas tout à fait la mort. Concentrer la sève. Revivre. Faire revivre. Retrouver une harmonie avec la nature. Quand tout tend à l’effondrement. Pour ce qui n’est pas déjà éboulé.
Ce que nous voyons, nous le vivrons peut-être. Un article récent de Reporterre – décembre 2024 – indique que « la France rejoint les pays touchés par la désertification ». S.Perché est une invitation à rêver, penser, oeuvrer.
« Je me sens chez moi dans le vaste monde, partout où il y a des nuages, des oiseaux et des larmes », Rosa Luxembourg – Lettres de prison
Qui n’a pas regardé les nuages ? Vu en eux une forme. Sa dilution. Puis sa nouvelle condensation pour former une autre image ? Le spectacle S.Perché d’Olivier Renouf s’offre comme un nuage. Ouvert à la différence de regard de chaque spectateur. Une chorégraphie contre le bavardage. Où chacun peut s’inscrire.
Le programme du spectacle d’Olivier Renouf nous informe qu’on peut le voir à partir de 6 ans. L’écoute des enfants est formidable. Comme celle d’un conte contemporain dont ils peuvent lire les situations et sentir les enjeux. Celle des adultes ne l’est pas moins. Sans doute parce qu’Olivier Renouf réveille la part d’enfant que nous avons en nous. Tout aussi certainement parce que nous sommes aussi des citoyens.
S.Perché, de Olivier Renouf se joue prochainement à Bussy/Parc du Rentilly/Théâtre
Michel Chartier le 5 février à 16h et à Paris/Théâtre Dunois du 12 au 17 mai.
Par Laurent Klajnbaum
 
S.Perché. L’Insoumission.fr publie un nouvel article de sa rubrique « Nos murs ont des oreilles – Arts et mouvement des idées ». Son but est de porter attention à la place de l’imaginaire et de son influence en politique avec l’idée que se relier aux artistes et aux intellectuels est un atout pour penser le présent et regarder le futur.
DANSER CANAL HISTORIQUE
Précédait Saraband une avant-première de S.Perché d'Olivier Renouf : couplage logique des deux pièces puisque cette dernière avait pour collaboratrice artistique l'une des chorégraphes de la première. Et Olivier Renouf, qui vit avec Erika Zuenelli depuis 1994, même s'il suit un chemin extrêmement personnel, accorde qu'il « n'y a pas de frontière entre la vie et le travail. Terriblement pas de frontière »[1]… Donc !
 
Un rapide travail de documentation sur Olivier Renouf suffit pour s'en convaincre, ce chorégraphe possède une identité artistique aussi forte que singulière, chacune de ses créations se reconnaissant presque du premier regard. Olivier Renouf est l'un des seuls chorégraphes réellement plasticien en ce que sa démarche relève d'une pratique que l'on retrouve dans un mouvement artistique défini, en l'occurrence, l'Arte Povera.
Et contrairement à quelques-uns qui s'y réfèrent à mauvais escient, Olivier Renouf en relève parfaitement, y compris pour des spectacles jeune public dont le chorégraphe est un grand praticien. Ce S.Perché, inspiré du Baron Perché d'Italo Calvino, se développe dans une armature de branches tenues entre elles par des jointures en scotch blanc, squelette mobile, tipi, diagramme incarné… Un objet scénique parfaitement fascinant mais qui prend tellement de place dans la pièce qu'il en rend la suite – lorsqu'il n'en est plus le centre – superfétatoire. Mais il s'agissait d'une avant-première, étape de travail qui donne envie d'en voir la version définitive et comment le chorégraphe va se dépêtrer de cette présence si forte qu'il a lui-même générée ! Rendez-vous à la création : en janvier 2025 ! 
Philippe Verrièle
Vu le 11 septembre à Micadanses dans le cadre du festival Bien Fait.
1]Erika Zueneli, L'Intimité comme arène, Ed Riveneuve, coll. L'Univers d'un chorégraphe, Paris 2020, p147
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